Conseils et bonnes pratiques
Réduire l’empreinte carbone : agir sur les trajets domicile-travail
La réduction de l’empreinte carbone en entreprise se concentre souvent sur les achats, l’énergie ou la production. Pourtant, un levier majeur reste largement sous-exploité : la mobilité domicile-travail.
Ces déplacements, bien qu’individuels, représentent une part significative des émissions indirectes (scope 3). Dans de nombreuses organisations, ils constituent même l’un des premiers postes d’émissions.
Selon l’ADEME, les trajets des salariés pèsent fortement dans le bilan carbone, en particulier dans les zones périurbaines où la voiture individuelle domine.
Le sujet n’est pas le manque de solutions. C’est l’absence de stratégie structurée et pilotée.
Comprendre où se situe réellement l’empreinte carbone
Avant d’agir, il faut objectiver la situation : en France, la voiture individuelle reste largement dominante : près de 74 % des actifs l’utilisent pour leurs trajets domicile-travail (INSEE).
Dans le même temps, des solutions comme le covoiturage ou les mobilités alternatives restent encore peu utilisées, malgré leur disponibilité (ADEME).
Empreinte carbone : mesurer précisément les émissions
Première étape : collecter des données fiables.
À analyser :
- distance domicile-travail,
- modes de transport utilisé,
- fréquence de déplacement (intégrant le télétravail).
Ces données permettent de :
- calculer les émissions de CO₂ par salarié,
- identifier les zones les plus émettrices,
- repérer les profils à fort impact.
Sans mesure, il n’y a pas de pilotage.
Empreinte carbone : identifier les vrais leviers d’impact
Toutes les actions n’ont pas le même effet.
Exemples :
- basculer un trajet court en vélo → impact immédiat et élevé
- subventionner un abonnement déjà utilisé → impact limité
L’enjeu est de concentrer les efforts là où le changement est possible.
Activer les leviers les plus efficaces pour réduire l’empreinte carbone
Réduire l’empreinte carbone de la mobilité domicile-travail repose sur une combinaison de leviers complémentaires.
Réduire le besoin de déplacement
C’est le levier le plus rapide et le plus efficace.
Actions concrètes :
- formaliser une politique de télétravail (2 à 3 jours/semaine),
- regrouper les jours de présence,
- limiter les déplacements non nécessaires.
Résultat : baisse directe des émissions.
Favoriser les modes de transport à faible empreinte carbone
L’objectif est de rendre les alternatives réellement utilisables.
Transports en commun
- prise en charge au-delà du minimum légal,
- simplification administrative.
Covoiturage
- mise en place du Forfait Mobilités Durables,
- outils de mise en relation,
- incitations financières ciblées,
- animation interne.
Autres mobilités douces
- mise en place du Forfait Mobilités Durables,
- infrastructures adaptées (parkings vélo, douches).
Sans simplicité ni incitation, l’adoption reste marginale.
Optimiser l’usage de la voiture
Pour une partie des salariés, la voiture thermique reste aujourd’hui la seule option viable : distance, absence d’alternatives, contraintes horaires.
Dans ces cas-là, l’objectif n’est pas de changer le mode de transport, mais de réduire immédiatement les émissions par trajet.
Agir directement sur les km parcourus
Le premier levier n’est pas technologique, il est usage.
Actions concrètes :
- réduire les trajets inutiles (jours de présence optimisés, déplacements évités)
- limiter les allers-retours courts non essentiels
- regrouper les déplacements professionnels sur site
Impact : moins de kilomètres = moins d’émissions, sans investissement.
Augmenter le taux de remplissage des véhicules
Une voiture individuelle transporte en moyenne une seule personne.
C’est le principal point de perte.
Actions :
- structurer des lignes de covoiturage internes (par zone géographique ou site)
- synchroniser les horaires d’équipes quand c’est possible
- rendre visible la pratique (affichage, outils simples)
Objectif : passer de 1 à 2 personnes par véhicule change immédiatement l’impact carbone.
Accélérer la transition du parc roulant ciblé
L’électrification doit être ciblée et priorisée, pas généralisée.
À privilégier :
- salariés avec trajets longs et réguliers,
- véhicules utilisés quotidiennement.
À éviter :
- équiper des profils occasionnels,
- investir sans usage réel derrière.
Bon levier :
- proposer des incitations à la conversion (LLD, aides, accompagnement),
- sécuriser l’accès à la recharge (site ou domicile).
Travailler sur les comportements de conduite peut aussi aider à réduire l’empreinte carbone
Le potentiel est souvent sous-estimé. Actions simples :
- formation à l’éco-conduite,
- sensibilisation à la vitesse et aux accélérations,
- suivi des consommations pour les flottes.
Gain potentiel : jusqu’à 10–15 % de consommation en moins, sans changement de véhicule.
Ce qui fait la différence
Ce levier est souvent mal exploité car perçu comme “subi”. En réalité, c’est un gisement d’optimisation immédiat, à condition de :
- se concentrer sur les usages réels,
- cibler les actions à fort impact,
- éviter les approches symboliques.
Réduire l’empreinte carbone de la voiture ne passe pas uniquement par la technologie, mais par une optimisation fine de son utilisation quotidienne.
Adapter la stratégie aux profils des salariés
Une politique uniforme est inefficace.
Segmenter les collaborateurs
Exemples de segmentation :
- zones urbaines bien desservies,
- zones périurbaines dépendantes de la voiture,
- salariés éloignés.
Chaque segment a ses contraintes.
Proposer des solutions adaptées
Exemples :
- urbain → transports + vélo + télétravail
- périurbain → covoiturage + aides ciblées
- rural → flexibilité + électrification + covoiturage
C’est la pertinence des solutions qui drive l’adoption.
Piloter et suivre la performance carbone
Déployer des dispositifs ne suffit pas. Il faut mesurer leur efficacité.
Définir des indicateurs clés
À suivre :
- émissions CO₂ par salarié,
- répartition des modes de transport,
- taux d’usage des dispositifs,
- coût par tonne de CO₂ évitée.
Ajuster en continu
Une stratégie efficace repose sur l’itération.
À mettre en place :
- tests pilotes
- analyse des résultats
- ajustements rapides
Un dispositif peu utilisé est souvent mal calibré, pas inutile.
Structurer une démarche entreprise cohérente
Le principal frein est organisationnel.
Centraliser le pilotage
Aujourd’hui, la mobilité est souvent fragmentée entre :
- RH
- finance
- flotte
- RSE
Résultat : manque de cohérence et perte d’impact. Un pilotage centralisé permet d’aligner stratégie, budget et objectifs.
S’appuyer sur des outils adaptés
Gérer la mobilité domicile-travail nécessite des outils capables de :
- collecter les données automatiquement,
- analyser les usages,
- simuler l’impact carbone.
C’est précisément l’approche proposée que nous proposons chez Rout’In : https://www.rout-in.fr/notre-offre/
La solution permet de :
- centraliser les dispositifs,
- mesurer l’empreinte carbone,
- identifier les leviers prioritaires,
- piloter une stratégie globale.
Agir sur les trajets domicile-travail pour réduire l’empreinte carbone : conclusion
Réduire l’empreinte carbone des trajets domicile-travail en entreprise est un levier immédiat, mesurable et activable.
Les organisations les plus efficaces ne sont pas celles qui empilent les dispositifs, mais celles qui :
- structurent leur approche,
- ciblent les bons usages,
- pilotent dans la durée.
Dans un contexte de pression réglementaire et de hausse des coûts de transport, la mobilité domicile-travail devient un sujet stratégique, à la fois environnemental, économique et social.
Image de senivpetro sur Freepik
Les articles en relation
Comment mesurer le potentiel vélo de vos équipes en entreprise
En savoir plus